LA COOPÉRATION
 AU DÉVELOPPEMENT DE L'AFRIQUE

FACE AUX NOUVEAUX ENJEUX
 DE LA MONDIALISATION
 

 PAR

 

                                                         

 

ARISTIDE
 EDZEGUE MENDAME


Institut Universitaire des Sciences de l’Organisation
 (IUSO), Libreville (Gabon)

AFRIQUE POST-COLONIALE ET GÉOSTRATÉGIE
(Carte: Aristide Edzegue Mendame)

 ISBN: 978-1-937030-57-5

 

          La question fondamentale de l’ouvrage est la suivante  : « Dans quelle mesure le principe d’une « coopération internationale », envisagée comme un partenariat concerté de plusieurs acteurs de la société internationale, peut-il se substituer (ou s’associer) aujourd’hui à la conception ancienne et verticale de « l’appui au développement », laquelle conception, au regard de son bilan, comporte de nombreuses limites ?
Cette question me semble importante, au moins à deux titres. D’une part, elle se présente comme une contribution directe à l’effort impulsé par les dirigeants gabonais pour faire du Gabon un pays attractif sur le plan économique. D’autre part, ce travail se présente comme une réflexion générale sur le fonctionnement des partenariats internationaux et leur impact sur la gestion des conflits armés en Afrique.
Avec un certain courage et même une forme d’audace, l’auteur n’hésite pas à souligner les contradictions d’une diplomatie européenne qui a longtemps fait passer ses intérêts économiques avant la survie des populations du Sud. Pour Aristide EDZEGUE MENDAME, l’aide et la coopération font partie des jeux d’influence instaurés par les puissances occidentales pendant la décolonisation. Elles ont perduré dans un contexte postcolonial fait de liens affectifs et de dette non soldée. C’est dans ce sens qu’elles ont joué un rôle central lors de la « guerre froide », comme enjeu de pouvoir pour les deux parties en présence (occidentale et soviétique). Mais, si elles ont perdu leur principale fonction géopolitique lors de la chute du « mur » de Berlin, elles ont retrouvé depuis une forte légitimité du fait des nouveaux enjeux liés à la mondialisation.
En effet, dans un contexte de crise généralisée, l’urgence d’un désendettement accéléré mais maîtrisé des pays pauvres (PPTE) a conduit à la mise en place de réformes visant à améliorer l’aide : entre autres le déliement, la coordination des politiques et l’aide budgétaire, etc. Les bailleurs occidentaux ont été ainsi conduits à réfléchir sur les conditionnalités de l’aide en termes de moyens (bonne gouvernance, avancées démocratiques, droits de l’homme) et de résultats, et en termes de spécificités (prise en compte ou non de la fragilité des économies). Ils y étaient d’autant plus contraints que la mondialisation de l’économie ouvrait progressivement l’Afrique à de nouveaux acteurs de la coopération, notamment le Brésil, l’Inde, la Chine, etc.
Toutefois, si l’intervention de ces nouveaux partenaires a permis de desserrer la contrainte financière et les conditionnalités, si elle a favorisé l’augmentation des marges de manœuvre et doper le marché des matières premières, elle a aussi accru les risques de réendettement et accentué la faiblesse de la coordination des politiques d’aide. D’où les nombreuses questions qui s’ensuivent et auxquelles l’ouvrage tente d’apporter les réponses adéquates.
Ces nouvelles relations remettent-elles en cause les anciennes pratiques de la coopération des pays de l’Organisation de développement et de coopération économiques (OCDE) ? Justifient-elles le retour à une realpolitik ou reproduisent-elles les anciennes erreurs des puissances industrielles ? Ces erreurs peuvent-elles être corrigées ? La question se pose également de savoir si l’accentuation de la crise mondiale conduira à un retrait ou à un engagement plus important des puissances émergentes. Autant de questions qui affirment la très grande valeur de l’ouvrage.

Ludovic Obiang
(CENAREST, Libreville, Gabon)

 

          Au moment où l’Afrique doit faire face à une transformation en profondeur de la coopération internationale, les Etats africains cumulent toujours autant d’indicateurs défavorables, économiques, sociaux et environnementaux, auxquels s’ajoutent de multiples conflits locaux ainsi que des soucis endémiques de gouvernance. Les défis restent donc nombreux à relever pour que l’Afrique sorte du sous-développement et s’intègre dans la mondialisation : maîtriser la croissance démographique et la croissance urbaine, intensifier le commerce intra-africain et diversifier les partenariats, surmonter l’instabilité politique et progresser dans la voie de l’intégration régionale, laquelle pourrait mener à la mise en commun des ressources et à un élargissement des marchés locaux en vue de stimuler la production, le commerce et l’investissement etc. De même, le développement durable devrait mieux être pris en compte, afin d’assurer aux populations africaines un accès plus équitable aux revenus générés par les richesses et les potentialités du continent.

Cet ouvrage montre qu’en rationnalisant et en harmonisant leurs politiques de développement tout en favorisant l’intégration régionale, les Etats africains pourraient mieux tirer profit de la coopération internationale ainsi que des opportunités suscitées par la mondialisation.


Aristide Edzegue Mendame
est Docteur en Relations Internationales du Centre de Recherche en Histoire internationale et Atlantique (CRHIA) de l’Université de Nantes. Spécialiste de la Coopération au Développement, ancien Assistant Temporaire d’enseignement et de recherche (ATER) à l’Université de Nantes, il est depuis juillet 2015 Maître-assistant CAMES. Enseignant-chercheur des Universités et Grandes écoles Gabonaises, affecté à l’Institut Universitaire des Sciences de l’Organisation (IUSO) de Libreville. Il est chercheur associé à l’Institut de Recherche en Sciences Humaines (IRSH) du Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CENAREST/Gabon). Entre autres activités, il est Coordonnateur Général du Groupe de Recherche en Sciences Sociales (GRESSO) de l’IUSO et Directeur de la rédaction de la revue multidisciplinaire Performances.